Fiscalité

Réduction, déduction, crédit d'impôts : quelles différences ?

Toute personne cherchant à optimiser sa déclaration de revenus a déjà été confrontée à ce vocabulaire parfois difficile à déchiffrer : réduction fiscale, crédit d’impôts, déduction fiscale… Tous ces termes semblent désigner la même chose. Il existe pourtant bel et bien des différences notables entre chacune de ces dénominations. Bien comprendre ce que permet chacun d’entre eux est indispensable pour réduire au maximum les impôts restant à votre charge.

La réduction d’impôts

Comme son nom l’indique, la réduction d’impôts consiste en une diminution nette de l’impôt final à payer. Cela signifie qu’elle s’applique après le calcul de l’impôt. Le montant total de la réduction est donc soustrait à l’impôt. Attention toutefois, si l’impôt est diminué jusqu’à 0, le reste de la déduction n’est pas remboursé par le Trésor Public. Par exemple, une personne avec 1000 € d’impôt à payer bénéficiant d’une réduction de 1500 € n’aura aucun impôt à payer, mais les 500 € restants ne lui seront pas remboursés par autant. L’impôt total à payer doit en conséquence être suffisamment élevé pour profiter au maximum de la réduction.

Parmi les réductions d’impôt les plus courantes peuvent notamment être cités les dons faits à des organismes d’intérêt général. Un achat de bien immobilier dans le cadre de la loi Pinel permet également de profiter d’une réduction d’impôt correspondant à un pourcentage de l’investissement total sur plusieurs années. D’autres réductions plus minimes sont à ne pas oublier : frais de scolarisation des enfants à charge, primes d’assurance vie, intérêts d’emprunts pour la reprise d’une PME, etc.

Le crédit d’impôts

De la même manière que la réduction, le crédit d’impôts s’applique directement sur l’impôt à payer. La principale différence réside dans la mise en application : alors que la réduction s’arrête une fois l’impôt arrivé à 0 €, le crédit d’impôt permet de bénéficier d’un remboursement correspondant au crédit d’impôt restant. Pour utiliser le même exemple que précédemment, une personne avec 1000 € d’impôt et un crédit de 1500 € n’aura non seulement aucun impôt à payer, mais profitera en plus d’un remboursement de 500 € de la part du Trésor Public. Seuls les montants inférieurs à 8 € ne sont pas remboursés.

L’un des moyens de bénéficier d’un crédit d’impôt est d’engager des travaux de rénovation ou d’amélioration énergétique dans sa résidence principale. Ce crédit appelé CITE (Crédit d’Impôt à la Transition Énergétique) correspond à un pourcentage du montant total des travaux engagés, à condition que ces travaux respectent certaines exigences (qualification de l’artisan, équipements spécifiques…).

Un autre crédit d’impôt reconnu est l’embauche d’un salarié à domicile. De nombreuses motivations sont concernées :
• Garde d’enfants
• Préparation de repas
• Jardinage, bricolage
• Aide aux personnes âgées
• Assistance informatique
• Etc.

À compter de cette année, ce crédit d’impôt va devenir immédiat au 14 juin 2022. En quoi consiste ce crédit immédiat ? Comme dit précédemment, le crédit est normalement remboursé par l’État au moment du paiement de l’impôt. Désormais, le crédit sera déduit automatiquement du montant à payer, ce qui signifie que les foyers n’auront plus à avancer cette part au moment du paiement du salaire. Ce crédit, censé être effectif à compter du 1er avril 2022, a finalement été reporté pour le mois de juin et concernera plus de 1,8 million de personnes.

La déduction d’impôts

Contrairement à la réduction et au crédit d’impôt, la déduction n’est pas imputée sur l’impôt en lui-même, mais sur le revenu fiscal de référence utilisé pour calculer l’impôt. Le principal intérêt de la déduction d’impôts réside dans son montant : elle n’est généralement pas plafonnée et permet ainsi de réduire fortement son impôt. Elle est donc particulièrement intéressante pour ceux qui ont un revenu de référence élevé.
La déduction fiscale peut prendre de nombreuses formes. Il peut s’agir notamment de la pension alimentaire versée aux enfants. Dans ce cas, la déduction s’applique sur le revenu brut global. Mais elle peut également concerner une catégorie de revenus. Par exemple, les traitements et salaires peuvent être diminués grâce aux frais professionnels. Les frais peuvent être calculés selon 2 méthodes :

• la méthode forfaitaire : la déduction correspond à 10% du montant total des salaires obtenus durant l’année.
• la méthode des frais réels : la déduction correspond au véritable montant des frais engagés durant l’année. La méthode est intéressante si les frais sont supérieurs à 10% des revenus.

Que vous souhaitiez inclure une réduction, un crédit ou une déduction d’impôt, pensez bien à conserver les justificatifs correspondants. Ils vous permettront de prouver le bien-fondé de votre situation auprès de l’État en cas de contrôle.

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